SAISON GAZA
Arts plastiques, musiques, cinéma, design et tables rondes

28/03/07

Ces manifestations sont organisées parallèlement à l’exposition Gaza, à la croisée des civilisations du 27 avril au 7 octobre 2007 au Musée d’art et d’histoire.

Saison Gaza propose un portrait de Gaza aujourd’hui. Un portrait artistique. Oui, il existe à Gaza une scène artistique. Il y a des gens qui écrivent, qui peignent, qui pensent, qui construisent, oui. Même si, là-bas, tout est affecté par la réalité de la situation politique, il existe une vitalité créative. Elle est difficile. Mais elle est bien là. Et elle aspire à la qualité et à la contemporanéité. Ce programme en est une approche. Afin d’étoffer ce regard sur Gaza, c’est de façon naturelle que nous l’avons élargi à des artistes palestiniens et d’autres vivants en Suisse. Loin des propositions artistiques répondant à une image nationale obligée, les voix qui se dévoilent ici sont vulnérables, fracturées, souvent silencieuses, critiques mais délicates, interrogatives, remuantes. Au programme, notamment, des images dans la cour du Musée d’art et d’histoire, des musiques de là-bas à l’Usine, tous les films d’Elia Suleiman, en sa présence…


TAYSIR BATNIJI
Musée d’art et d’histoire, cour intérieure
Du 27 avril au 6 octobre 2007

Taysir Batniji est né et a grandi à Gaza. Depuis plus de dix ans, il vit et travaille entre la Palestine et l’Europe. Il expose autant dans le monde arabe qu’à Vienne, Rotterdam, Berlin ou Paris. D’abord avec la peinture et le dessin puis de plus en plus avec la caméra et des installations, il réfléchit conjointement à son identité de palestinien et d’artiste contemporain. Au Musée d’art et d’histoire, il propose d’une part une série de portraits photographiques et de l’autre un diaporama silencieux. La première série est une manière d’inventaire des portraits que l’on trouve encadrés et accrochés dans les cafés, échoppes, boutiques, ateliers et autres espaces de vie et de travail à Gaza City. Natures mortes saturées de signes, ces images évoquent l’absence. Malgré ces marchandises colorées, objets entassées, souvenirs hétéroclites et traces de vie diverses, l’absence de toute présence humaine est soulignée par le portrait du fondateur du magasin, omniprésent et hiératique. Le diaporama sur les murs de Gaza, silencieux, fortement pictural, détaché, sobre a un pouvoir émotionnel saisissant. Travail sur la mémoire, l’effacement, le délitement, ces prélèvements et fragments des murs de Gaza racontent avec finesse un endroit dévasté du monde.

Site de l’artiste: http://taysir.b.free.fr/ Lien vers site extérieur


OLIVIER CORET
Musée d’art et d’histoire, cour intérieure
Du 27 avril au 6 octobre 2007

Photographe, Olivier Coret travaille pour les plus grands journaux internationaux et expose à Paris, Perpignan, Lyon, Barcelone, etc. Pour Saison Gaza, il est allé faire un portrait de Gaza en février 2007. Avec une règle : dix photos, dix questions. Population, politique, éducation, santé, religion, etc. En noir et blanc, le résultat est rigoureux, et magistral. Olivier Coret : « Depuis 7 ans, je fais des allers-retours incessants entre Gaza et l’Europe et mes questions ont évolué. J’ai d’abord voulu dénoncer, m’engager. Mais quel camp ai-je servi ? L’Intifada n’aurait jamais existé sans les médias. En effet qui penserait attaquer un char à coup de pierres si ce n’est pour une image symbolique ? Devons-nous cautionner des personnes qui envoient leurs enfants au-devant de soldats ? De même, est-ce historiquement pertinent de suivre Tsahal quand elle démantèle des colonies à Gaza alors qu’en même temps elle en construit en Cisjordanie ? Une chose me paraît évidente. Nous devons dans cette région remonter aux sources, c’est-à-dire aux connaissances, aux faits. »


RASHID ABDELHAMID
Design
Galerie Prismart, 12 rue Kléberg
Du 27 avril au 28 juillet 2007

Rashid Abdelhamid est l’architecte et designer du célèbre hôtel Al Deira à Gaza. Il est également l’architecte d’intérieur de l’American Colony Hotel à Jérusalem. Né à Alger en 1969 d’une mère yougoslave et d’un père palestinien, il étudie l’architecture en Italie et en France. Depuis 1996, il vit et travaille à Gaza. Son objectif ? Rendre hommage à ses cultures et aux traditions qui leur sont propres. Ainsi, l’élégance du design européen et la subtilité des objets arabo-musulmans se voient grâce à lui conjugués. A Gaza, il réunit le savoir-faire et les matériaux locaux pour les projeter dans une modernité riche d’une mondialité heureuse.

Site : www.zawaya.ps


DU GRIS AU SABLE, DU SABLE AU GRIS
COLLECTIF EL TIQA
Galerie de la librairie arabe l’Olivier, 5 rue de Fribourg
Du 11 mai au 30 juin 2007

Le groupe El Tiqa, présenté à Genève par Eliane Beytrison, expose croquis et dessins réalisés entre l’hiver 2006 et ce printemps 2007. Y surgissent des impressions fugitives de présent capturé et d’un futur esquissé. On y saisit le quotidien des Gaziotes, sa vulnérabilité. Traits tantôt tremblés, tantôts affirmés avec violence, ces travaux d’artistes de Gaza sont le signe d’une vivacité irréductible. On y perçoit autant de frénésie que de langueur, autant de colère que de vie, simplement.

Table ronde autour de la création artistique et de l’identité palestinienne
Galerie de la librairie arabe l’Olivier, 5 rue de Fribourg
le 15 mai à 18h.
avec Taysir Batniji, Eliane Beytrison et Olivier Coret, interrogés par Elisabeth Chardon

 

LA PHOTOGRAPHIE DE PRESSE AU RISQUE DE L’EXPOSITION
UN EXEMPLE A GAZA : STEEVE IUNCKER
Salle d’exposition de l’Ecole d’arts appliqués, 2 rue Necker
Du 4 au 18 mai

En collaboration avec Myriam Poiatti, Steeve Iuncker a sélectionné une série de photographies prises à Gaza. Il s’agit d’illustrer les questions que la photographie d’information soulève aujourd’hui. Faut-il considérer ces images comme de l’art ou de la seule information ? Est-ce du témoignage ou du voyeurisme ? Un nouveau rapport s’instaure-t-il entre fiction et effet de réel ? En collaboration avec la Haute école d’art et de design


MICHEL SAJRAWY
Yathrib, jazz ethno
Usine, 4 place des Volontaires

Jeudi 3 mai à 21h. Né en 1970 à Nazareth, Michel Sajrawy a étudié la musique à Nazareth et à Londres. Sa musique s'inspire des structures et lignes mélodiques orientales pour être mixée avec les rythmes et sonorités jazz, voire contemporaines. Le résultat est virtuose, parfois invraisemblablement énergique et audacieux, également pour ce qui est du mélange d'instruments (et d'instrumentistes).

http://www.youtube.com/results?search_query=Michel+sajrawy&search=Search


RAP ET HIP HOP DE GAZA
Usine
Vendredi 4 mai, à 21h.

C’est du rap, c’est puissant et c’est en arabe. Ils sont quatre, ne sont plus des petits ados et se sont connus par le net. Chanter du rap à Gaza n’a rien d’évident. Socialement et politiquement, c’est aller contre certains principes de base. Critique sur ce débit si rapide, ces vêtements trop occidentaux et un style de musique trop proche de l’Amérique, le public de la conservative Bande de Gaza semble pourtant être un terrain plus fertile que prévu pour le rap. Et les filles en foulard dansent aux côtés des ados à casquette. Coaché par Naili, rappeur algérien de Dunkerque, ces quatre prennent confiance et apprennent à mêler aussi leur tradition musicale au rap. Cela donne un métissage détonnant.
Quant aux danseurs de hip hop, ils puisent également dans une myriade de techniques et de traditions différentes : arts martiaux, yoga, danses traditionnelles. Souplesse et rapidité sont les principes de base de leur hip hop.


KAMILYA JOUBRAN, chant et oud ET WERNER HASLER, claviers
Wameedd
Usine Samedi 5 mai à 21h

Originaire de Galilée, arabe de nationalité israélienne, Kamylia Joubran chante les poètes arabes contemporains au son de l’oud et des compositions électroniques du musicien bâlois Werner Hasler. Mariage insolite et passionnant entre deux mondes, la voix fluide et serpentine de la chanteuse est déshabillée par le bidouillage de sons électroniques qui la brouillent, la pimentent et la parasitent. Résultat : une esthétique insolite, insolente et passionnante, minimaliste, ancrée dans les traditions orientales.

http://www.kamilyajubran.com


CINEMA PALESTINIEN
Cinéma Spoutnik, 11 rue de la Coulouvrenière
Du jeudi 3 au dimanche 6 mai,
Voir programme détaillé ci-joint ou sur www.spoutnik.info

Une rétrospective exhaustive d’Elia Suleiman, des fictions par deux réalisateurs palestiniens et un film collectif par une myriade de jeunes talents palestiniens. Pendant 4 jours, le public genevois aura l’occasion de voir combien le cinéma palestinien est vivant. Et il ne s’agit pas ici de documentaires, genre évidemment naturel dans une région comme celle-là, mais de cinéma de fiction. Avec des artistes qui ont compris les dangers d’un art confiné dans les frontières de l’identité collective. Certains ne veulent même pas parler de « cinéma palestinien », d’autres ne lâchent pas le questionnement sur leur identité palestini enne. Débat. En présence de Nicolas Wadimoff, Elia Suleimann, Nahed Awwad autour de Lisbeth Koucthoumoff …

 

Contact presse :
Département des affaires culturelles de la Ville de Genève,
Caroline Coutau, +41 (0) 22 418 26 72 caroline.coutau@ville-ge.ch

Evènements culturels organisés en collaboration avec l'Association
RENCONTRES ET CULTURES DU MONDE ARABE